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Le Ciel Bleu

  • Yazarın fotoğrafı: Ece Karadağ
    Ece Karadağ
  • 5 gün önce
  • 2 dakikada okunur

LE CIEL BLEU

 

Le ciel était bleu comme son âme,

un bleu solennel — ni joyeux ni entier,

mais transpercé par les ailes d’anges disparus,

traînant derrière eux le parfum des temples brûlés.

Il marchait là où les coquelicots pleurent en vain,

le souffle chargé d’absinthe et de chagrin,

ses veines — jardins étouffés par le désespoir,

où rampent les serpents du souvenir noir.

Chaque pas laissait de l’encre dans l’air,

un hymne pour ceux qui osent et espèrent

embrasser la bouche d’un gémissement d’ombre,

ou boire à des tombes qu’ils n’ont pas encore sombres.

La nuit tomba comme du velours taché de sang,

et le temps, ce lépreux, s’y baigna lentement,

murmurant depuis la grâce des caniveaux :

« Le ciel se perd dans un visage amoureux. »

Alors il alluma une cigarette à la lune,

fredonnant une marche funèbre importune,

son rire brisé en éclats de verre —

car même la joie, en lui, restait précaire.

 

 


CHUTE

 

Je suis tombé du bord de l’Être,

Comme un ange usé par le feu,

Le front lavé par le salpêtre

Et l’œil voilé d’un Dieu trop vieux.

Le ciel, jadis vaste promesse,

N’est plus qu’un marbre sans clarté ;

Et l’homme, ce roi de faiblesse,

Marche au néant avec fierté.

Ô vaste Enfer, berceau des fiers,

J’ai respiré ta sainte braise !

Ton souffle, plein d’orgueil amer,

M’a révélé ma propre glaise.

Je hais les cieux aux lois d’oubli,

L’ordre des anges sans colère.

Je suis le cri de l’insoumis,

Le fer, le feu, l’ombre solaire.

Baudelaire en mes veines ronge,

Milton m’élève dans la nuit —

Et dans le gouffre où l’on me plonge

Je trouve enfin ce qui détruit.

Là, sans remords, je bois le vin

Que verse l’ombre sur la flamme ;

Et tout l’amour devient venin

Dans la blessure d’une âme.

Le Beau s’est tu dans un soupir,

Le Bien s’éteint dans une église,

Et seul l’abîme fait jaillir

Une lumière qui me grise.

 



L’HIVER EN MOI

 

Il fait si froid dans mon silence,

Le monde y tombe, éteint, sans bruit.

Pas même un cri, pas d’espérance —

Juste un miroir noirci de nuit.

Les arbres nus pleurent des pierres,

Le ciel s’effeuille, las, brisé,

Et l’air sent l’ombre des prières

Que nul n’a voulu prononcer.

Je marche au bord d’une frontière

Que nul regard ne reconnaît,

Entre l’oubli, la vie première,

Et ce qu’un cœur mort ne connaît.

Les morts me parlent à voix basse,

Leurs mots s’enroulent dans mes pas,

Et l’avenir me lasse, lasse,

Comme un matin qui ne vient pas.

Je n’attends plus que la lumière

Du fond d’un puits ou d’un tombeau —

Qu’on me recouvre de poussière,

Et qu’on m’oublie, sans mot, sans peau.

 



LE DIABLE D’AMOUR


Tu es le diable d’amour, doux supplicié,

Aux ailes noircies d’avoir trop espéré.

Tu as bu mes silences comme un vin sacré,

Et dans mes veines, ton refus s’est ancré.

Je t’ai prié sans autel, sans pardon,

Amant damné de ma propre déraison.

Ton absence est mon enfer quotidien,

Et ton indifférence, le plus cruel des liens.

Mais qu’importe : je t’aime, même en perdition,

Même si mon cœur n’est qu’une damnation.

Car s’il faut brûler pour t’avoir aimé,

Alors je chéris les flammes, à jamais damnées.

 

 

 


 
 
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